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09/05/2015

Taxer le patrimoine et libérer le capital n'est pas antinomique

Contrairement à ce que certains critiques pensent, la thèse centrale du livre de Thomas Piketty, Le Capital au XXIe siècle, n’est pas que le capitalisme accroît mécaniquement  les inégalités. Le capitalisme per se n’y est pour rien. L’auteur va plus loin et nous dit que les inégalités proviennent mécaniquement surtout de l'effet conjugué d’une inefficiente taxation du capital et d’une régulation contreproductive de celui-ci.

Bien sûr, l’observation de terrain avalise l’hypothèse centrale du livre montrant que les inégalités s’accroissent quand le rendement du capital est durablement plus élevé que la croissance. Celles-ci explosent aux États-Unis où les rendements du capital physique se situent entre 10 et 13 % tandis qu’elles s’accroissent sensiblement en Europe où les rendements du capital sont plus faibles, de l’ordre de 6 à 7 %. Mais ces inégalités sont le fruit pourri d’une déficience de choix politiques judicieux et donc, in fine, de démocratie.

Nos mandataires politiques calculent à court terme, sans vision sur le long terme. Ils pensent dominer le capitalisme par l’entremise de régulations devenues archaïques et fondamentalement anti-démocratiques. En effet, sous le prétexte louable de vouloir protéger les citoyens nos gouvernants ont de fait hérité et/ou créé des rentes économiques injustes puisqu’au bénéfice exclusif de quelques corporations privilégiées. Lire la suite

08/05/2015

Les spécificités belges en matière de financement d'entreprises

Certes nous savons pourquoi le financement est une clé de la croissance des PME. Mais nous ne savons comment faire ni pour favoriser le financement en fonds propres ni pour lever les obstacles au financement par l’endettement.

Pour expliquer, de manière très synthétique, le malthusianisme « à la belge » du marché des fonds propres, observons tout d’abord,  que le financement par la dette a été privilégié par rapport à celui sur fonds propres, probablement parce que ceux-ci impliquent une possibilité (un risque) de prise de contrôle de l’entreprise. Ce fait a bridé le développement des marchés de fonds propres en Belgique.

Par ailleurs, les entreprises ont été habituées à une intervention de l’État dans le domaine de la distribution de crédit.

Enfin, une moindre culture de la prise de risque a empêché que ne se développe une véritable tarification du crédit risqué, bloquant ainsi la sélection des projets par le niveau du taux d’intérêt. Lire la suite

07/05/2015

Il y a bien mieux que les politiques monétaires pour accélérer la croissance de l'économie

Les meilleures mesures de stimulation économique sont …fiscales,  parce que la fiscalité s’applique à tous, directement, sans intermédiaires, quelle que soit la catégorie socioprofessionnelle concernée. Une fiscalité rénovée permettra des comportements économiques libérés  et  plus productifs en favorisant la prise de risques économiques sans crainte d’un « nunchaku fiscal » au final, tout en  dégageant des pistes d’enrichissement patrimonial pour les classes les moins aisées.

Tandis que les politiques monétaires, elles, sont généralement rendues inopérantes  par le mimétisme asphyxiant de leurs leviers de transmission, c’est-à-dire des opérateurs chargés d’en distribuer les bienfaits. Par exemple, quand la Banque centrale européenne lance ses opérations de refinancement à long terme des banques, celles-ci empruntent des centaines de milliards d’euros mais pour les investir en obligations de leur État, non pour les injecter dans l’économie en consentant des crédits aux entreprises et aux ménages.

Dès lors, seule une fraction de tout l’argent bon marché injecté dans l’économie par les banques centrales nationales, au gré des politiques monétaires successives, arrive à destination des ménages et des entreprises. Cette manne est en effet canalisée et captée par quelques institutions bancaires et financières intermédiaires qui choisissent de n’en faire bénéficier qu’à quelques-uns de leurs clients triés sur le volet, selon toujours la même panoplie de critères uniformes. Lire la suite