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27/04/2015

Le crowdfunding sonnera-t-il le glas de la filière angélique traditionnelle?

Le crowdfunding semble une merveilleuse nouvelle opportunité pour le grand public d’investir dans des startups et de contribuer ainsi à créer de l’emploi. Les professionnels de l’investissement early stage, sentant que si le capitalisme populaire se développe certains parmi eux perdront des plumes, rétorquent que financer des jeunes pousses est une activité à très haut risque et devrait être laissé à ceux qui sont à la fois aptes et expérimentés à évaluer de tels projets et qui ont les moyens et la patience d’attendre que les quelques rares startups gagnantes arrivent à maturité.

Leurs inquiétudes sont pertinentes et les risques sont réels, mais ceux-ci, par nature, s’autorégulent. En effet, si les gens sont stupides et perdent leur argent ils ne recommenceront pas. Le gouvernement ne doit pas surprotéger (et étouffer) le public, celui-ci doit apprendre à se protéger tout seul et peut lui-même faire un meilleur travail que ne le fera jamais un gouvernement. Une régulation trop contraignante et restrictive des investissements dans des startups, ne se justifie pas, dans la mesure où l’investissement spéculatif  n’est pas un passage obligé mais une option supplémentaire offerte au choix du citoyen-internaute-investisseur. Le gouvernement ne peut empiéter sur la liberté de choisir des citoyens. Lire la suite

26/04/2015

Le clair-obscur du soutien de l'Etat à la création d'entreprises

Avec 73 996 entreprises créées en Belgique en 2012, l’entrepreneuriat et l’esprit d’entreprendre progressent, mais à un rythme lent et la Belgique  est toujours dans le dernier peloton au classement des pays européens en nombre de créations annuelles. Les entreprises individuelles (en général un seule personne physique, souvent le fondateur lui-même) sont à l’origine de 53 % de ces créations.

En réalité, le problème est plus qualitatif que quantitatif car ces créations ont toutefois une pérennité limitée : 61 % des entreprises créées en 2006 étaient toujours en activité en 2009 et elles sont seulement 49 % après 5 ans d’activité. Plusieurs facteurs expliquent ce pourcentage comme le montant des capitaux initiaux, la forme juridique choisie ou encore le profil du créateur : les chômeurs, les moins de 30 ans ou des personnes peu ou pas diplômées réussissent moins.

Les entreprises présentent des caractéristiques peu favorables à leur pérennité et à leur développement : 84,3 % de celles créées en 2011 n’avaient aucun salarié, 54 % de celles créées en 2010 ont des capitaux propres inférieurs ou égaux à 10 000 euros et 31 % ne sont pas bancarisées, 82 % ont la forme d’entreprise individuelle. Lire la suite

25/04/2015

Lacunes du modèle belge d'élevage de startups

La Silicon Valley, les régions de Boston et de New York ont créé chacune un environnement éminemment favorable  où les investisseurs sont en compétition les uns avec les autres pour avoir une chance de financer la prochaine start-up « chaude ».

Tandis que dans notre écosystème de développement et de financement, ce sont les startups qui sont en compétition pour avoir une chance de présenter leur projet à un parterre d’investisseurs (souvent dilettantes). Elles doivent apprendre à se débrouiller toutes seules et trouver elles-mêmes des solutions dans des conditions frugales.

Pour résumer la nette imperfection du modèle belge d’élevage de startups, citons, parmi ses failles cruciales :

Une culture d’entreprise insuffisante et un culte de l’entrepreneuriat inexistant

Il nous manque d’emblée le premier atout maître. L’écosystème belge n’est pas irrigué par la culture de l’entreprise. On y est pas entouré de gens qui pensent à créer, qui ont créé, qui veulent recréer. On n’y baigne pas littéralement dans l’esprit d’entreprise !

Tous les gens qui ont créé des boîtes savent qu’ils ont au moins autant appris de leurs échecs que de leurs réussites. Mais pas le staff (analystes, investisseurs, mentors, partenaires) des dispositifs public et privé d’aide à la création et au financement d’entreprise. Du coup, chez nous, seules les expériences d’entrepreneuriat couronnées de succès sont valorisées, pas celles qui ont fait flop. C’est éminemment réducteur. Lire la suite