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06/09/2017

Le financement participatif ne fait peur à aucun des financeurs traditionnels

Les banques n’ont en fait jamais eu de raisons de s’inquiéter. D’emblée, les banquiers ont considéré les sites de financement participatif comme sympathiques et utiles, car les services qu’ils proposent sont complémentaires des leurs. En outre, les banquiers savaient de toute façon que ces sites devraient prouver à un moment ou à un autre leur capacité à absorber une forte demande tout en restant rentables et en assurant un service de qualité.

Les banquiers connaissent depuis longtemps (ils ont l’expérience) toutes les variables de l’équation : chaque mois, ils accordent plusieurs milliards d’euros de crédits à la consommation, tandis qu’en face, les plateformes de crowdlending dans leur ensemble n’engendrent que quelques millions d’euros…

Et si les banques se sont insurgées avec mollesse (elles ont pratiquement laissé faire) contre les coups de canifs portés à leur monopole (les ordonnances élargissant le nombre d’exceptions au monopole bancaire, notamment celle permettant aux particuliers de financer des projets en prêtant de l’argent contre un intérêt, et celle permettant aux particuliers de se prêter de l’argent entre eux), c’est parce qu’elles savaient bien que les plateformes leur demanderaient à un moment ou à un autre de venir à leur secours.

 

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05/09/2017

Le crowdfunding est en train de perdre son ADN

Les acteurs traditionnels s’y engouffrent

 Le crowdfunding évolue à contre-courant de la tendance à la désintermédiation. On observe que ce canal novateur d’accès aux capitaux à risque se détourne progressivement de sa finalité solidaire et on déplore que sa rémunération d’intermédiaire serve plus à enrichir les actionnaires des plateformes et les prestataires spécialisés (conseils et services divers comme les agences de communication, les institutions de micro finance, sociétés spécialisées dans le recouvrement (dans le cas du crowdlending), etc.) qu’à financer les coûts d’exploitation.

Parmi les symptômes de l’institutionnalisation rampante du financement participatif, qui le dévie de son principe originel de solidarité, relevons les liens de plus en plus prégnants entre les plateformes et des acteurs structurels majeurs du financement d’entreprises.

Par exemple, plusieurs sites imposent à leurs membres de miser aux côtés d’investisseurs chevronnés. C’est le cas chez 1001Pact (equity based crowdfunding) où les crowdfunders parient au côté de professionnels de l’investissement social et/ou environnemental. C’est présenté comme un gage de sérieux devant permettre d’atténuer le risque inhérent à de tels placements. Selon ces plateformes cette proximité avec les habitués du secteur permet à la plateforme en question de faire le tri dans les dossiers. Ils sont sélectionnés sur leur impact potentiel, bien sûr, mais aussi sur leurs perspectives de développement.

 

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04/09/2017

Les plateformes de crowdfunding et leurs lourds tarifs d'intermédiation

Des prix prohibitifs sont pratiqués en contrepartie, notamment, d’un tri soi-disant « hypersélectif ».

Chez Wiseed, par exemple ; 1% du capital versé rien qu’au titre de gestion annuelle (ponction limitée aux cinq premières années), à quoi s’ajoutent 5 à 10% de la plus-value dégagée en cas de vente ou d’introduction en Bourse de la société. 

Autre exemple, chez MyMicroInvest (MMI) ; 2% du capital versé rien qu’au titre de gestion annuelle (ponction limitée aux six premières années), à quoi s’ajoutent 20% de la plus-value dégagée au-delà d’un rendement annuel de 10% (cf. chapitre 2, point A, §2 « Un financement à moindre coût ? »)

Anaxago soucieuse de multiplier les sources de revenus, prend minimum 5% de commission côté entreprises (donc sur les fonds collectés) plus des frais de gestion côté particuliers : 1 500 € fixe à titre de frais opening (référencement et montage du dossier) et 3 500 € fixe à titre de frais de closing.

Les plateformes engendrent trois types de revenus :

1)     Les packages proposés aux entrepreneurs qui lèvent des fonds : cela peut commencer à 1 000 euros, par exemple chez MMI, pour la mise en ligne de la levée de fonds. Ce montant peut ensuite grimper en fonction de l’activation d’une série d’options.

Par exemple, quelques milliers d’euros pour la rédaction d’un prospectus pour appel public à l’épargne conforme aux prescrits de l’Autorité de contrôle prudentiel (en l’occurrence la FSMA en Belgique). Ou encore quelques milliers d’euros supplémentaires pour des options de marketing, par exemple faire monter les fondateurs sur la scène lors d’un évènement crowdfunding en live (10 000 € chez MMI).

 

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